Suivre le Gypaète Barbu Sans Jamais le Capturer
Des années de traque. Zéro photo exploitable.
Des années de traque. Zéro photo exploitable.
Le gypaète barbu — appelé aussi "casseur d'os" — plane au-dessus des sommets alpins avec une envergure de près de 3 mètres. On le voit. On ne le photographie pas.
Le gypaète vole haut. Très haut. Même avec un 500mm, il reste un point dans le ciel. Pour obtenir une image exploitable, il faut qu'il passe à moins de 50 mètres. Ça n'arrive presque jamais.
Photographier un oiseau en vol contre le ciel requiert une vitesse d'obturation élevée (1/2000e minimum). Dans les Alpes, tôt le matin ou tard le soir, la lumière manque. Toujours.
On ne planifie pas une rencontre avec un gypaète. On ne l'affûte pas comme on affûte un chevreuil. Il surgit, plane, disparaît. Si on n'a pas le bon objectif au bon moment, c'est terminé.
Col de Balafrasse. Un gypaète devant le Mont-Blanc. Magnifique. Mais trop loin. Techniquement inexploitable.
Vallée de Chamonix. Un gypaète en rase-mottes au-dessus d'une carcasse. Parfait. Sauf que j'avais un 50mm sur le boîtier.
Ces échecs font partie de l'histoire. Ils me rappellent que la nature ne se plie pas à mes désirs de photographe.
Parce que l'échec est mon meilleur professeur. Parce que le jour où j'aurai enfin LA photo du gypaète, elle aura plus de valeur que toutes celles prises facilement.
Et peut-être que la plus belle photo est celle qu'on ne prend jamais.
En savoir plus sur mes échecs photographiques
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